Suivre ses rêves: comment j’ai changé de voie pour exercer un métier manuel et créatif

Episode 1 : LA question qui change la vie!

 

Quand j’avais une vingtaine d’années, j’étais malheureuse de m’être engagée dans une voie qui ne me correspondait pas.

Peut-être est-ce aussi ton cas aujourd’hui, que tu aies 20 ans, 30 ans ou même plus de 50 ans. Tu as envie de changer, mais ça te paraît difficile, compliqué, inaccessible…?

Oui c’est difficile, compliqué, mais pas inaccessible!

Je rencontre souvent des clientes qui me confient leur frustration d’exercer un travail dans lequel elles ne s’épanouissent pas vraiment, mais aussi leur peur d’en changer.

Rien que de me voir travailler avec bonheur dans mon atelier, ravive chez elles un sentiment douloureux: elles rêvaient d’un autre métier, mais la vie en a décidé autrement, et elles l’ont accepté. 

Ça me fait toujours un pincement au cœur d’entendre ces histoires de vies entachées de regrets. Et moi aussi je me sens frustrée, car je ne peux rien faire pour les aider.

C’est pourquoi j’ai eu envie de réaliser cette série d’articles Follow your dreams”: j’aimerais t’encourager à suivre tes rêves!

Aujourd’hui, dans l’épisode 1, je t’invite à découvrir comment j’ai réussi à me reconnecter à mes rêves, après avoir suivi des études qui ne me plaisaient pas du tout.

 

Une mauvaise orientation

J’avais toujours rêvé de faire des études artistiques, mais mes parents avaient d’autres projets pour moi. Je n’avais pas encore assez confiance en moi pour défendre mes idées, pas non plus l’autonomie financière. A l’époque il n’y avait pas internet, et nous n’avions pas accès à toutes les informations dont nous disposons aujourd’hui, et qui élargissent considérablement le champ des possibles.

J’ai donc suivi la voie qu’on avait tracée pour moi. Ça s’est très mal passé. J’ai tenu un mois en fac d’Administration Economique et Sociale. J’étais vraiment mal. Non seulement je n’aimais pas ça, mais pire encore j’avais fait un bac littéraire et j’étais complètement larguée. Bref, je ne me sentais pas du tout à ma place, c’était une véritable souffrance, et je n’avais aucune motivation pour continuer.

Au bout d’un mois, j’ai tout arrêté, et je me suis inscrite en fac d’anglais, histoire de ne pas perdre une année, et d’apprendre quelque chose qui pourrait m’être utile plus tard. C’est une année dont je ne garde que des souvenirs flous de mes cours, comme si je n’étais pas vraiment là. Par contre, je me souviens parfaitement de mes amis, de nos sorties, de notre vie et de nos fous rires dans la résidence universitaire.

 

Le challenge de changer de voie à 19 ans

Se posait la question de l’autonomie financière. Je n’avais pas accès à la bourse, et ce sont mes parents qui finançaient ma chambre, les repas et tout le reste.

Moi qui avait toujours aspiré à être libre, je n’étais pas du tout à l’aise à l’idée de dépendre d’eux. J’étais entrée dans le monde des adultes, je voulais prendre mes décisions toute seule, et les assumer sur tous les plans.

changer de voie pour devenir artisanMalheureusement, le poids de l’éducation et de la société est terriblement fort. Je rêvais d’exercer un métier manuel et créatif, mais à l’époque il était inconcevable de faire un CAP après un bac général. Non pas que ce fût administrativement impossible, mais ce n’était pas dans les mentalités de repartir dans un niveau “inférieur”. 

Aujourd’hui, c’est différent. On voit beaucoup de jeunes cadres qui, après quelques années de boulot dans un bureau, lâchent tout pour remettre du sens dans leur travail. Il se reconvertissent comme ébéniste, maroquinier, boulanger… et c’est tant mieux!

 

 

Le choix de la raison

Toujours est-il que j’avais besoin d’argent, et que je ne voulais pas non plus arrêter mes études et être contrainte d’accepter n’importe quel job. Alors, une fois de plus, j’ai fait une croix sur mes aspirations profondes. J’ai été engagée chez France Télécom comme apprentie, et au bout de deux ans j’ai obtenu le BTS Action Commerciale. J’avais atteint mes deux objectifs: autonomie financière et poursuite d’études. Mais j’étais toujours aussi malheureuse, coupée d’une partie de moi-même.

J’ai cru qu’en continuant mes études je trouverai plus d’épanouissement. Et effectivement, j’étais plutôt contente pendant toute ma licence en communication. Mais à l’heure de trouver un poste, je ne me voyais pas travailler en agence ou dans le service communication d’une entreprise. 

 

La souffrance de faire un travail qui ne nous correspond pas

J’ai quand même fini par être embauchée comme emploi jeune à l’OPAC de Lille, avec les félicitations de Martine Aubry. C’était très sympa la poignée de main, mais au bout d’un mois j’ai commencé à faire une crise de panique dans mon bureau. Vous savez, quand on n’arrive presque plus à respirer, on suffoque et on pleure… C’est le corps qui parle, et là il est vraiment temps de tout arrêter et de se poser les bonnes questions.

 

Prendre le large pour repartir à zéro

J’avais donc besoin d’autre chose. J’ai pris mes cliques et mes claques, j’ai revendu tout le contenu de mon studio lillois en un temps record, et deux semaines après l’épisode de panique, je débarquais à Londres. J’étais mue par un désir de vivre incontrôlable, pleine d’enthousiasme et d’espoir.

Deux jours après mon arrivée, je trouvais un boulot de fille-au-pair, et réglais en même temps la question du logement et des finances. J’ai passé 6 mois absolument formidables dans le Surrey. J’avais beaucoup de temps libre, que j’adorais consacrer à visiter Londres, les musées, les expositions, les parcs… Je n’avais pas beaucoup d’argent, mais je me sentais enfin libre et heureuse!

 

Le hic, c’est que je ne pouvais pas bâtir tout un projet de vie sur un job de fille-au-pair!

 

Le déclic: la question clef

A la fin de mon contrat, il était temps de prendre une décision: Should I stay, or should I go?

Comment décider?

La réponse est en réalité dans LA SEULE QUESTION qui a définitivement fait basculer le cours de ma vie, et qui m’a remise aux commandes de mon destin:

“Imagine-toi à 80 ans, et regarde en arrière la vie que tu as menée… As-tu réalisé tes rêves?”

Qu'as-tu fait de ta vie?

Dans les prochains épisodes, je te raconterai comment la réponse à cette simple question m’a permis de suivre enfin mes aspirations et mes rêves, quels sont les challenges auxquels j’ai été confrontée, et quelle est la part de hasards et de contraintes qui ont guidé mes choix depuis plus de vingt ans.

En attendant, raconte-moi en commentaire si tu as suivi tes rêves d’enfants, ou que ferais-tu aujourd’hui si tu les avais suivi, et quels sont les regrets que tu ne voudrais absolument pas avoir à 80 ans.

3 Commentaires sur “Suivre ses rêves: comment j’ai changé de voie pour exercer un métier manuel et créatif

  1. Bas van Zuijlen says:

    Coucou Sandra, Pour ma part, je n’ai pas choisi mon école d’études pro. Mon papa m’a amené dans une école de travail du bois et d’aménagement d’intérieurs. Et j’ai aimé. Ensuite j’ai voulu faire des études d’architecte et de designer et je me suis inscrit aux deux à l’Ecole Supérieur des Arts, qui m’a gentiment appelé en disant qu’il fallait choisir. Design de produits alors, et durant ces études j’ai découvert la céramique. Aujourd’hui, 25 ans plus tard, je pratique toujours ce métier, mais je me bats encore contre cet idée très Française qui sépare l’Art , l’Artisanat et le Design, alors que dans mon atelier je pratique indifférent les trois aspect (et peut-être plus). Mais je suis heureux d’avoir choisi cette voie créative, qui me permet de m”exprimer et de faire concorder multiples aspects de ma vie. Ce n’est pas très rémunérateur en argent, mais ça me donne une grande qualité de vie. Et je suis en accord avec mes principes. Cool !!! Biz a toi, Bas

    • Sandra says:

      Bonjour Bas! Je suis vraiment heureuse que tu aies pris le temps de livrer ici ton témoignage, un grand merci à toi, et bravo pour ce beau parcours et ta volonté de réunifier l’art, l’artisanat et le design dans l’esprit des français. C’est justement ce regard “extérieur” qui permet de prendre conscience de certaines choses, et d’évoluer dans nos pratiques et nos parcours d’artisans d’art.
      Bises,
      Sandra

  2. florence guerry says:

    Bonsoir Sandra,
    Ton témoignage est vraiment inspirant et plein d’émotion ! Comme tes bijoux d’ailleurs !
    Mon parcours est aussi fait de changements et je suis fière à 44 ans d’avoir su changer de voie quand j’en avais besoin. Bizarrement je n’ai pas une grande confiance en moi et pourtant j’ai toujours su quand il fallait que je me “lance” dans autre chose et ça ne m’a jamais vraiment fait peur. C’est plutôt excitant !
    Donc pour faire un résumé de mon chemin, j’ai passé un DUT de chimie après le bac parce que c’est la matière qui me plaisait et que j’étais très scolaire donc je n’avais pas beaucoup d’imagination concernant ce que j’aurais pu faire d’autre… J’étais en plus très timide et je ne me voyais pas choisir un métier de “contact”.
    Mais finalement ce métier ne m’a pas plu pas tant que ça… Et puis j’ai évolué, et après avoir eu mes 2 enfants, j’ai eu envie de changer et surtout de me sentir utile dans mon boulot. Je suis donc devenue infirmière à 39 ans ! C’est beaucoup plus satisfaisant pour moi et beaucoup plus gratifiant de travailler pour soigner des patients plutôt que pour une entreprise dont un des seuls buts est de gagner de l’argent !
    Je ne pense pas arrêter mon métier d’infirmière mais depuis un an j’ai créé ma micro-entreprise de fabrication de bijoux et c’est encore un nouveau challenge ! J’apprends pleins de choses, au niveau administratif, communication, vente, technique etc… c’est vraiment passionnant ! Je n’ai pas de formation pour réaliser ces créations et je ne prétends pas rivaliser avec les bijoutières qui sont formées et qui travaillent le métal, le verre, le cuir etc… Mon but n’est pas d’en vivre mais le côté créatif m’apporte énormément, je me sens plus épanouie, plus authentique (bon j’ai aussi beaucoup bossé avec un psy pour ça…) c’est vraiment génial !
    J’encourage aussi tout le monde à oser prendre des risques, à ne pas avoir peur de changer, c’est ce qui pimente la vie et on en ressent une immense fierté !
    D’ailleurs, mes bijoux sont tous des pièces uniques pour mettre en avant le côté unique de chacune de nous, l’importance d’être soi-même, de ne pas avoir peur du jugement des autres. J’espère pouvoir offrir un peu de ça à mes clientes qui porteront ces bijoux !
    Merci à toi et bon vent !

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